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Glossaire de l'accessibilité numérique : 50+ termes essentiels de A à Z

Glossaire de l'accessibilité numérique

Bon, on ne va pas se mentir : quand on débarque dans le monde de l'accessibilité numérique, on se retrouve vite noyé sous les acronymes. ARIA, RGAA, WCAG, a11y... on dirait un jeu de Scrabble qui a mal tourné. Ce glossaire est là pour vous aider à y voir clair, que vous soyez dev, designer, chef de projet ou tout juste nommé "référent accessibilité" (courage).

A

a11y : c'est l'abréviation geek de « accessibility » (la lettre a, puis 11 lettres qu'on a la flemme d'écrire, puis y). Vous la verrez partout sur Twitter et dans les confs. Si quelqu'un vous dit "a-onze-y", vous saurez de quoi il parle.

Alternative textuelle : le texte qui décrit une image ou un contenu non textuel. C'est l'attribut alt sur vos images, ou aria-label / aria-labelledby pour les cas plus complexes. Sans ça, un lecteur d'écran annonce juste "image" et l'utilisateur ne sait pas du tout ce qu'il rate.

ARIA (WAI-ARIA) : Accessible Rich Internet Applications. Pensez à ARIA comme un traducteur entre votre code HTML et les lecteurs d'écran. Vous ajoutez des attributs (rôles, propriétés, états) et hop, la technologie d'assistance comprend ce que votre composant fait. Attention cependant : mal utilisé, ARIA fait plus de mal que de bien.

Arcom : l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. C'est elle qui est censée contrôler que les sites respectent le RGAA en France. Dans la pratique, on attend encore beaucoup de sanctions, mais ça pourrait changer.

Audiodescription : une narration audio qui décrit ce qui se passe visuellement dans une vidéo. Indispensable pour les personnes aveugles qui veulent suivre un film ou une démo produit.

Audit RGAA : le passage en revue d'un site web pour vérifier s'il respecte les 106 critères du RGAA. On peut automatiser une partie (30-40 % environ), mais le reste, il faut un humain avec un clavier et un lecteur d'écran. Pas de raccourci.

B-C

Balisage (tagging) : le fait d'ajouter des balises de structure à un document (HTML, PDF) pour que les technologies d'assistance puissent s'y repérer. Un PDF sans balisage, c'est un mur de texte illisible pour un lecteur d'écran.

CAPTCHA : le fameux truc qui prouve que vous êtes humain... sauf si vous êtes malvoyant, auquel cas il prouve surtout que le site n'a pas pensé à vous. Les CAPTCHA visuels classiques sont un cauchemar d'accessibilité. Privilégiez reCAPTCHA v3 ou les honeypots.

Conformité : le niveau de respect des critères d'un référentiel. En RGAA, c'est simple : totale (100 %), partielle (50-99 %), ou non conforme (moins de 50 %). Spoiler : la plupart des sites français sont dans la dernière catégorie.

Contraste : le rapport de luminosité entre deux couleurs. Le RGAA demande un ratio de 4.5:1 pour le texte normal et 3:1 pour le grand texte. Si votre designer adore le gris clair sur fond blanc, c'est le moment d'avoir une conversation.

D-F

Déclaration d'accessibilité : un document obligatoire qui dit clairement "voilà notre niveau de conformité, voilà ce qui ne va pas, et voilà comment nous contacter si vous avez un problème". Beaucoup de sites l'oublient ou la cachent en bas de page.

DINUM : la Direction Interministérielle du Numérique. C'est l'organisme qui publie le RGAA et qui pilote la politique d'accessibilité numérique de l'État. Les gens qui écrivent les règles, en somme.

DSFR : le Design System de l'État Français. Une bibliothèque de composants pensés pour être accessibles dès le départ. Si vous bossez sur un site public, c'est votre meilleur ami.

EAA : l'European Accessibility Act (directive 2019/882). Celle qui change la donne pour le privé : depuis juin 2025, les produits et services numériques du secteur privé doivent aussi être accessibles. Oui, ça vous concerne probablement.

FALC : Facile à Lire et à Comprendre. C'est une méthode de rédaction pour les personnes ayant des difficultés de compréhension. Des phrases courtes, des mots simples, des illustrations. Tout le monde devrait s'en inspirer, honnêtement.

Focus : l'état d'un élément HTML quand il est "sélectionné" au clavier. Vous savez, le petit contour bleu quand vous tabulez sur une page ? C'est ça. Et il doit être visible. Supprimez le outline: none de votre CSS, s'il vous plaît.

Focus trap : une technique qui enferme le focus clavier à l'intérieur d'un composant (typiquement une modale) pour empêcher l'utilisateur de naviguer vers le contenu masqué derrière. Indispensable, mais celui-là est souvent mal implémenté.

H-L

Handicap : une limitation d'activité qui résulte de l'interaction entre une personne et son environnement. Le point crucial : ce n'est pas la personne qui "est" handicapée, c'est l'environnement (y compris numérique) qui crée la situation de handicap.

HTML sémantique : c'est un de mes termes préférés. L'idée est simple : utiliser les bonnes balises HTML pour ce qu'elles signifient (header, nav, main, article) au lieu de tout faire en div. Un <button> au lieu d'un <div onclick>, ça change tout pour un lecteur d'écran.

JAWS : Job Access With Speech. Le lecteur d'écran commercial de référence sur Windows. Très utilisé en entreprise, mais il coûte cher (environ 1 000 euros). C'est un peu le Photoshop des lecteurs d'écran.

Label : l'étiquette textuelle associée à un champ de formulaire. Sans label, un lecteur d'écran ne sait pas à quoi sert le champ. L'utilisateur entend juste "zone de texte" sans savoir s'il doit taper son nom, son email ou son numéro de sécurité sociale.

Landmarks : les régions structurelles d'une page (header, nav, main, footer, aside) qui permettent aux lecteurs d'écran de naviguer rapidement d'une section à l'autre. C'est comme un sommaire invisible pour les personnes qui naviguent au clavier.

Lecteur d'écran : le logiciel qui lit le contenu de l'écran à voix haute ou l'envoie vers une plage braille. Les principaux : NVDA (Windows, gratuit), VoiceOver (Mac/iOS, intégré), JAWS (Windows, payant) et TalkBack (Android, intégré). Si vous n'en avez jamais essayé un, faites-le. C'est une expérience qui change votre façon de coder.

Live region : une zone de la page dont les changements sont automatiquement annoncés par les lecteurs d'écran grâce à aria-live. Pratique pour les notifications, les messages d'erreur ou les compteurs. Mais attention au spam sonore si vous en abusez.

N-R

NVDA : NonVisual Desktop Access. Le lecteur d'écran gratuit et open source pour Windows. C'est celui qu'on recommande pour commencer à tester. Pas d'excuse financière pour ne pas le faire.

PDF/UA : la norme ISO pour les PDF accessibles (Universal Accessibility). En gros, un PDF balisé, structuré, avec du texte sélectionnable et des alternatives textuelles. Le contraire de la plupart des PDF qu'on trouve en ligne, malheureusement.

POUR : les 4 principes fondateurs des WCAG. Perceptible, Opérable (Utilisable), Compréhensible (Understandable), Robuste. Si votre contenu respecte ces quatre principes, vous êtes sur la bonne voie. C'est la boussole de l'accessibilité.

RGAA : le Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité. C'est le référentiel français qui traduit les WCAG en 106 critères testables. Version actuelle : 4.1. C'est LA norme à connaître si vous travaillez sur des sites en France.

Rôle ARIA : un attribut qui dit au lecteur d'écran "cet élément, c'est un bouton" (ou un dialogue, ou une navigation). Par exemple : role="button", role="dialog", role="navigation". Mais rappel : si l'élément HTML natif existe, utilisez-le plutôt qu'un rôle ARIA.

S-Z

Schéma pluriannuel : un document obligatoire qui décrit comment un organisme compte améliorer son accessibilité sur 3 ans. C'est la feuille de route officielle. Sans elle, votre déclaration d'accessibilité est incomplète.

Skip link : le lien d'évitement qu'on met en tout début de page pour permettre de sauter directement au contenu principal. Les utilisateurs clavier vous remercieront de ne pas les obliger à tabuler à travers 50 liens de navigation à chaque page.

Sous-titres : le texte synchronisé avec l'audio d'une vidéo, y compris l'identification des locuteurs. Ce n'est pas juste "mettre des mots en bas de l'écran" : il faut indiquer qui parle, les bruits significatifs, la musique...

Tab order : l'ordre dans lequel les éléments reçoivent le focus quand on appuie sur Tab. Si cet ordre ne suit pas la logique visuelle de la page, c'est la confusion assurée pour les utilisateurs clavier.

Technologies d'assistance (TA) : tout le matériel et les logiciels que les personnes handicapées utilisent pour accéder au numérique. Lecteurs d'écran, plages braille, contacteurs, commande vocale, eye-tracking... Le monde de l'accessibilité est incroyablement inventif.

Transcription : la version texte complète d'un contenu audio ou vidéo. Pas juste les dialogues : aussi les descriptions visuelles, les indications de bruits, tout ce qui est nécessaire pour comprendre le contenu sans le voir ni l'entendre.

VoiceOver : le lecteur d'écran intégré à macOS et iOS d'Apple. Si vous avez un Mac, il est déjà installé. Activez-le avec Cmd+F5 et essayez de naviguer sur votre propre site. Préparez-vous à quelques surprises.

VPAT : Voluntary Product Accessibility Template. Un document standardisé qui décrit la conformité d'un produit à une norme d'accessibilité. Très demandé aux États-Unis et de plus en plus en Europe dans les appels d'offres.

W3C : le World Wide Web Consortium. L'organisation internationale qui publie les standards du web, y compris les WCAG. Les gardiens du temple, si on veut.

WAI : la Web Accessibility Initiative, l'initiative du W3C dédiée à l'accessibilité. C'est de là que viennent les WCAG, ARIA, et toutes les ressources techniques de référence.

WCAG : les Web Content Accessibility Guidelines. LES recommandations internationales pour l'accessibilité web. Publiées par le W3C, reprises dans les législations du monde entier. Si vous ne devez retenir qu'un seul acronyme de ce glossaire, c'est celui-là.

Ce glossaire est un document vivant, comme l'accessibilité elle-même. Les technologies évoluent, les normes aussi, et de nouveaux termes apparaissent régulièrement. N'hésitez pas à y revenir.
a11y, c'est juste un raccourci malin pour « accessibility » : la lettre a, puis 11 lettres au milieu, puis y. C'est ce qu'on appelle un numeronym, comme i18n pour internationalisation ou l10n pour localisation. Vous le verrez partout dans la communauté tech, sur les réseaux sociaux et dans les confs.
En gros, les WCAG sont les recommandations internationales du W3C — le socle commun mondial. Le RGAA, c'est la version française qui traduit ces WCAG en 106 critères testables avec des tests bien précis adaptés au contexte juridique français. Si vous bossez en France, c'est le RGAA qui fait foi. Mais derrière le RGAA, ce sont bien les WCAG qui servent de base.
C'est un logiciel qui lit le contenu de l'écran à voix haute ou l'envoie vers une plage braille. Les principaux : NVDA (Windows, gratuit et open source — aucune excuse), VoiceOver (Mac/iOS, déjà intégré dans votre Mac), JAWS (Windows, payant mais très utilisé en entreprise) et TalkBack (Android, intégré). Mon conseil : lancez NVDA ou VoiceOver et naviguez sur votre propre site. C'est très instructif.

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