Guides Vidéo

Comment rendre les vidéos accessibles : sous-titres, audiodescription et transcription

L'accessibilité vidéo : un enjeu pour tous

La vidéo est partout. Et c'est justement parce qu'elle est devenue le format dominant qu'on ne peut plus se permettre de l'ignorer côté accessibilité. Les critères RGAA 4.1 à 4.13 couvrent les médias temporels. Concrètement, une vidéo accessible doit pouvoir être comprise par les personnes sourdes (sous-titres et transcription) et par les personnes aveugles (audiodescription). Pas l'un ou l'autre : les deux.

Sous-titres synchronisés

Quand sont-ils obligatoires ?

Dès qu'il y a de la parole dans votre vidéo, les sous-titres sont obligatoires (RGAA 4.1 et 4.3). Pas de négociation possible. Ça concerne les vidéos de présentation, tutoriels, interviews, webinaires enregistrés, et oui, même les publicités.

Bonnes pratiques de sous-titrage

Sous-titrer correctement, c'est un vrai métier. Mais voici les règles de base que tout le monde peut suivre :

  • Identifier les locuteurs : [Marie] Bonjour, je suis... — sinon comment savoir qui parle ?
  • Décrire les sons : [musique], [applaudissements], [bruit de porte] — ces informations comptent
  • Synchroniser précisément : les sous-titres doivent apparaître au moment où la parole est prononcée, pas 3 secondes après
  • Maximum 2 lignes de texte à la fois — au-delà, le spectateur n'arrive plus à lire et regarder
  • Durée : minimum 1 seconde, maximum 6 secondes par sous-titre
  • Vérifier les sous-titres auto : les sous-titres générés automatiquement par YouTube et compagnie sont truffés d'erreurs. Noms propres massacrés, termes techniques transformés en n'importe quoi. Relisez-les toujours

Formats de sous-titres

  • WebVTT (.vtt) : c'est le format recommandé pour le web HTML5, celui que je conseille en premier
  • SRT (.srt) : format universel, compatible avec à peu près tout
  • TTML : format XML utilisé principalement par les diffuseurs professionnels

Audiodescription

L'audiodescription, c'est le sujet que les gens oublient le plus souvent. C'est une narration audio ajoutée qui décrit les éléments visuels importants non transmis par la bande son (RGAA 4.2 et 4.4) :

  • Actions visuelles non décrites oralement — quelqu'un fait un geste, montre un objet
  • Textes affichés à l'écran (titres, graphiques, schémas)
  • Changements de lieu ou de temps
  • Expressions faciales significatives — un personnage qui lève les yeux au ciel, ça change le sens

Quand est-elle obligatoire ?

Quand la vidéo contient des informations visuelles essentielles qui ne sont pas couvertes par la bande son. L'exemple typique : un tutoriel qui montre des étapes à l'écran sans jamais les décrire oralement. Sans audiodescription, une personne aveugle n'a aucune idée de ce qui se passe.

Transcription textuelle

La transcription, c'est la version texte complète de votre vidéo. Et bonus : elle fait aussi du bien à votre SEO puisque le texte est indexable :

  • Elle doit être disponible à proximité de la vidéo — un lien « Lire la transcription » ou une section dépliable
  • Elle reprend toutes les paroles avec identification des locuteurs
  • Elle décrit les éléments visuels importants
  • Elle inclut les sons significatifs
  • Avantage SEO souvent sous-estimé : le texte est indexable par les moteurs de recherche

Lecteur vidéo accessible

On oublie souvent ce détail : le lecteur vidéo lui-même doit être accessible. À quoi bon des sous-titres parfaits si l'utilisateur ne peut pas les activer au clavier ?

  • Contrôles clavier : Espace (pause/lecture), flèches (avancer/reculer), M (mute)
  • Boutons labellisés : chaque bouton doit avoir un aria-label ou un texte visible
  • Activation des sous-titres : un bouton accessible pour activer/désactiver les sous-titres
  • Contrôle du volume : accessible au clavier avec annonce du niveau
  • Pas d'autoplay : la vidéo ne doit jamais se lancer automatiquement avec du son — c'est pénible pour tout le monde, et catastrophique pour les utilisateurs de lecteurs d'écran

Lecteurs recommandés

  • Able Player : conçu spécifiquement pour l'accessibilité, open source — mon premier choix
  • Plyr : léger et avec un bon support d'accessibilité
  • Video.js : populaire et extensible avec des plugins d'accessibilité
Une vidéo accessible touche une audience bien plus large que vous ne le pensez : les sous-titres bénéficient aussi aux personnes dans le métro, en open space, ou qui ne maîtrisent pas la langue. L'accessibilité, c'est bon pour tout le monde.
Non, clairement pas. Les sous-titres auto de YouTube et compagnie sont un bon point de départ, mais ils sont truffés d'erreurs : noms propres massacrés, termes techniques transformés en charabia, homophones confondus. Relisez-les et corrigez-les systématiquement. Le RGAA exige des sous-titres pertinents et correctement synchronisés — « à peu près juste » ne suffit pas.
Dès que la vidéo contient des informations visuelles essentielles qui ne sont pas décrites dans la bande son. L'exemple classique : un tutoriel avec des étapes visuelles jamais verbalisées, un reportage avec des images d'illustration significatives, une démonstration produit où on voit les gestes sans les décrire. Si une personne aveugle rate quelque chose d'important, l'audiodescription est nécessaire.
Mon conseil : WebVTT (.vtt), c'est le format recommandé pour le web HTML5 et le plus moderne. SRT (.srt) est un format universel qui marche partout — si vous avez déjà des SRT, pas besoin de tout refaire. Les deux fonctionnent avec la balise <track> de l'élément <video>.

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