Les 13 critères du thème 4, en un coup d'œil
Le thème compte 13 critères, majoritairement de niveau A (le socle), deux de niveau AA (l'audiodescription). Ils se rangent en trois familles : les médias temporels (4.1 à 4.7), les médias non temporels (4.8, 4.9, 4.12), et les règles transverses de contrôle (4.10, 4.11, 4.13).
| Critère | Niveau | Ce qu'il vérifie | Fiche |
|---|---|---|---|
| 4.1 | A | Transcription textuelle ou audiodescription pour chaque média temporel pré-enregistré | Voir |
| 4.2 | A | Pertinence de la transcription (dialogues + visuel décrit + locuteurs) | Voir |
| 4.3 | A | Sous-titres synchronisés pour chaque média synchronisé | Voir |
| 4.4 | A | Pertinence des sous-titres (fidélité, sons significatifs signalés) | Voir |
| 4.5 | AA | Audiodescription synchronisée si l'info visuelle est essentielle | Voir |
| 4.6 | AA | Pertinence de l'audiodescription | Voir |
| 4.7 | A | Média clairement identifiable (titre ou texte adjacent) | Voir |
| 4.8 | A | Alternative pour chaque média non temporel (canvas, SVG interactif) | Voir |
| 4.9 | A | Pertinence de cette alternative | Voir |
| 4.10 | A | Tout son déclenché automatiquement est contrôlable | Voir |
| 4.11 | A | Média temporel contrôlable au clavier et au pointeur | Voir |
| 4.12 | A | Média non temporel contrôlable au clavier et au pointeur | Voir |
| 4.13 | A | Médias compatibles avec les technologies d'assistance | Voir |
Sous-titres, transcription, audiodescription : lequel, quand ?
C'est la confusion la plus fréquente. Ces trois dispositifs ne servent pas le même public ni le même besoin, et le RGAA ne les exige pas dans les mêmes cas. Ils répondent à deux handicaps différents : les sous-titres et la transcription visent la surdité (restituer le son en texte) ; l'audiodescription vise la cécité (restituer le visuel en son).
| Dispositif | Restitue | Requis quand… | Critères |
|---|---|---|---|
| Transcription textuelle | Tout le contenu sonore et visuel, en texte lisible hors lecture. | Toujours possible comme solution de base d'un média temporel ; indispensable pour l'audio seul (podcast, interview sonore), qui n'a pas d'image à sous-titrer. | 4.1, 4.2 |
| Sous-titres synchronisés | Les dialogues et sons significatifs, affichés en même temps que la vidéo. | Le média est synchronisé (image + son parlé) : une vidéo avec voix. Les sous-titres doivent identifier les locuteurs et signaler « [musique inquiétante] », « [rires] ». | 4.3, 4.4 |
| Audiodescription | Ce qui se voit mais ne s'entend pas (un geste, un texte à l'écran, un décor porteur de sens). | La vidéo porte une information visuelle essentielle absente de la bande-son. Inutile pour une simple « tête parlante » où tout est dit. | 4.5, 4.6 (niveau AA) |
Cas pratique : un tutoriel vidéo qui montre « cliquez ici » à l'écran sans le dire à voix haute a besoin de sous-titres (pour le sourd) et d'audiodescription ou d'un narrateur qui verbalise l'action (pour l'aveugle). Un podcast audio, lui, n'a pas d'image : une transcription suffit et couvre tout.
Ce qu'exige un lecteur média accessible
Fournir des sous-titres ne suffit pas si personne ne peut atteindre le bouton pour les activer. Le thème 4 impose des règles sur le lecteur lui-même :
- Contrôle clavier complet (4.11) : lecture/pause, avance, volume et sous-titres doivent être atteignables et actionnables sans souris. Espace pour pause, flèches pour naviguer, focus visible sur chaque contrôle.
- Pas de lecture automatique sonore incontrôlable (4.10) : un son qui démarre seul doit pouvoir être arrêté ou mis en pause immédiatement, par un mécanisme lui aussi accessible au clavier. La bonne pratique reste de ne pas démarrer le son automatiquement.
- Contrôles nommés pour les technologies d'assistance (4.13) : chaque bouton a un nom accessible (« Lecture », « Activer les sous-titres »), un rôle et un état corrects, sinon un lecteur d'écran annonce « bouton, bouton, bouton ».
- Média identifiable (4.7) : un titre ou un texte adjacent indique de quoi parle la vidéo, pour qu'on sache quoi lancer.
En pratique, un lecteur natif <video controls> avec une piste <track kind="captions"> part déjà bien mieux qu'un lecteur JavaScript maison mal câblé. Les lecteurs open source réputés accessibles (type Able Player, ou Plyr correctement configuré) gèrent clavier, sous-titres et descriptions.
Les erreurs qu'on retrouve tout le temps
La vidéo YouTube embarquée avec sous-titres automatiques
Intégrer un <iframe> YouTube ne coche pas le thème 4. Les sous-titres automatiques générés par l'IA de YouTube ne sont pas considérés comme accessibles : ils comportent des erreurs, ne signalent pas les sons non verbaux et se trompent sur la ponctuation. Le RGAA exige des sous-titres pertinents (4.4) — donc relus et corrigés, pas auto-générés bruts.
Le GIF animé porteur d'information
Un GIF purement décoratif n'est pas concerné par le thème 4 (il relève du thème 1, image de décoration à ignorer). Mais un GIF qui véhicule une information (une démo animée, un graphique qui bouge) est un média non temporel : il lui faut une alternative qui restitue l'information (4.8, 4.9). Et s'il clignote ou défile plus de 5 secondes, il croise le thème 13 (mouvement contrôlable).
Le podcast sans transcription
Publier un épisode audio sans transcription échoue au critère 4.1, tout simplement. C'est l'oubli le plus courant parce qu'il n'y a « pas de vidéo à sous-titrer » — mais l'audio seul a précisément besoin du texte. Bonus : la transcription est aussi excellente pour le référencement, puisqu'elle rend indexable un contenu jusque-là invisible pour Google.
Le carrousel ou l'animation canvas non pilotable
Une animation en <canvas> ou une data-visualisation interactive sans équivalent texte et sans pilotage clavier échoue à 4.8, 4.9 et 4.12. Prévoyez un tableau de données ou une description en alternative, et rendez chaque interaction atteignable au clavier.
Questions fréquentes
Une transcription remplace-t-elle les sous-titres ?
Pour une vidéo synchronisée, non : le RGAA exige des sous-titres synchronisés (4.3), car une personne sourde suit l'image en temps réel. La transcription (4.1) est un complément, et devient la solution principale pour l'audio seul.
Les sous-titres automatiques de YouTube suffisent-ils ?
Non. Ils ne sont pas considérés comme des sous-titres accessibles au sens du critère 4.4 tant qu'ils n'ont pas été relus et corrigés : ils contiennent des erreurs et ignorent les sons non verbaux et l'identification des locuteurs.
Toutes les vidéos ont-elles besoin d'une audiodescription ?
Non. L'audiodescription (4.5, niveau AA) n'est requise que si des informations visuelles essentielles ne figurent pas dans la bande-son. Une interview filmée en plan fixe où tout est dit n'en a pas besoin.
Mon lecteur vidéo maison est-il un problème ?
Souvent oui. Les lecteurs JavaScript personnalisés cassent fréquemment l'accès clavier (4.11) et le nommage des contrôles (4.13). Un lecteur natif <video controls> ou un lecteur open source réputé accessible est plus sûr.